Le Cellograff : le street art éphémère

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Depuis 2009, un nouveau concept a vu le jour dans le street art : le Cellograff. Basé sur une idée simple, cette nouvelle façon d’exprimer son art rencontre un franc succès.

Le principe du Cellograff

Afin de ne plus devoir peindre des graffitis sur des murs et risquer de se faire arrêter par la police, deux artistes Astro et Kanos ont inventé le support de graffitis jetable. Le principe est simple : il suffit de placer plusieurs couches de Cellophane, à ne pas confondre avec du film étirable, autour de deux arbres ou deux poteaux éloignés de plusieurs mètres. Puis, ils se mettent à graffer le Cellophane avec des bombes de peinture.

Cette surface à peindre est différente de celle d’un mur. Il est plus difficile de peindre sur du Cellophane car cette matière est très souple et bouge au moindre coup de vent mais aussi parce qu’elle est étanche ce qui engendre facilement des coulures.  Mais, sa surface est transparente, ce qui permet de nouveaux jeux graphiques avec le lieu où est placé cet art éphémère.

Le succès au rendez-vous

Le Cellograff a su conquérir son public en quelques années. Au début, il s’agissait surtout de ne plus être hors-la-loi et de pouvoir terminer son œuvre éphémère avant que les policiers n’arrivent. Les artistes profitaient, et profitent toujours, d’un vide juridique car le Cellophane ne touche pas le sol et ils ne dégradent rien.

Les passants s’arrêtent pour regarder la création du graffiti avec un œil bienveillant parce qu’ils ne s’en prennent plus aux murs. C’est pourquoi on qualifie souvent le Cellograff comme un « art responsable » voire un « art citoyen ». Les créateurs du Cellograff ont depuis fait le tour du monde pour présenter leur concept.

En mai 2015, Astro et Kanos ont pu réaliser une construction éphémère qui joue avec l’espace et la 3D à la Nef de la Halle Roublot à Fontenay-sous-Bois. L’œuvre comprend toutes les étapes de la construction, du montage à la destruction, comme toute œuvre de street art. Voici la vidéo de l’évènement :

Et la suite ?

De nombreux autres artistes ont repris le concept du Cellograff pour réaliser leurs œuvres. C’est le cas par exemple du graffeur russe Evgeny Ches qui utilise le Cellophane pour peindre des animaux et les placer en pleine forêt entre deux arbres. Il joue ainsi à fusionner le dessin et le paysage grâce à la transparence du film.

Un débat est lancé quant à la nature même du Cellograff : reste-t-il du street art quand il est exposé dans une galerie d’art ? Le débat est toujours en cours…

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